Yotaro, un nom qui ne paie pas d’mine. Mais derrière cette frimousse se cache une véritable révolution, tant technologique que démographique.

C’est du moins ce qu’espèrent les étudiants du laboratoire de robotique et de sciences du comportement de l’université de Tsukuba, près de Tokyo.

Yotaro c’est un bébé robot qui réagit comme un véritable bébé. Avec son armada de capteurs et un visage transparent teinté de rose (et ses yeux brillant façon Roosvelt…), Yotaro est capable de réagir au contact physique et peut laisser transparaître la joie, la fatigue ou la tristesse avec successivement des rires, le sommeil ou des pleurs. Un peut comme un vrai bébé en somme. Encore plus fort, il modifie son humeur selon la fréquence des contacts. De plus, Yotaro bouge la partie du corps selon la zone de contact, ou encore, il est capable de s’enrhumer et ça se manifeste par une pompe à eau qui fait couler de l’eau goutte à goutte à la température du corps.

Si ce bébé robot est une véritable prouesse technologique, le Japon espère aussi un sursaut démographique. Dans la plupart des cas, les robots sont bien accueilli au Japon et il en existe déjà de toute sorte. Mais avec ce robot, L’équipe d’étudiants-concepteurs du robot est persuadée que les jeunes couples vont renouer avec le désir de pouponner un enfant et sortir de la contrainte de l’éducation.

Chez les occidentaux, cette conception de recourir à la robotique pour faire renaître des sentiments paraît insensée. Quoi que beaucoup ne peuvent pas se passer de leur téléphone portable ou autre objet hi-tech. Mais il s’agit tout de même de sentiment. Et de surcroît, il n’y a pas de panne de fertilité, mais plutôt un désintérêt d’avoir un enfant. Même si on peut y trouver des contraintes, on trouve autant de positif et de satisfaction. Cela dit je ne vais pas m’engouffrer dans le débat « avoir un enfant aujourd’hui », et encore moins dans une approche sociétale du Japon…

Mais il tout de même amusant de remarquer, au-delà de l’aspect purement technologique, qu’il y a un double marché. Ceux qui veulent robotiser les tâches quotidiennes des « vieux japonnais » dans le but de faciliter la vie et ceux qui veulent relancer la fertilité japonaise. Le laissé-faire ou soigner le mal par la racine…

Sachez aussi que cette terreur en couche-culotte robotique n’est pas un cas isolé. Il existe un autre robot, appelé M3-Neony. Cet androïde mesure 50 centimètres pour 3.5 kilogrammes (Il colle déjà plus aux critères d’acceptabilité humaine). Il est équipé de 22 moteurs et de 90 capteurs, ainsi que de microphones placés dans ses yeux et ses oreilles, pour lui permettre d’identifier une personne. Sa spécificité réside dans une intelligence auditive. Demandez lui d’avancer et il s’exécute en bougeant ses pieds et ses bras. Il apprend peu à peu à se déplacer en rampant sur le ventre.

Pour donner mon point de vue (de geek étudiant pas encore parent..), ces robots, et même l’approche de l’éducation, me paraît simpliste. Sans comptet que pour avoir un véritable succès, il faudrait peut-être « optimiser » encore le bébé… Comme lui faire une bouille plus attirant et pas façon créature de Hayao Miyazaky (on dirait la grosse bebête dans mon Voisin Totoro). Et ce robot est une version robotisée à destination des jeunes couples des poupées à tête blonde de type barbie qui inondent le marché des jouets. Il est révélateur d’une société. Le robot révèle le fantasme et l’imagination des asiatiques. La barbie révèle l’idéalisme et le consumérisme des sociétés occidentales. Aujourd’hui, et surtout pour l’avenir, la tendance est en train de se mixer. C’est à dire que le public est en attente d’interactivité.

Pour finir, il vaut mieux que la formule soit payante car d’ici 2050 avec la courbe actuelle, le Japon va compter 40% de plus de 65 ans… Alors que dire de notre « vieux continent » ?