Articles taggés Prohibition 2.0
Tous unis contre SOPA et PIPA
2
ubuntu proteste contre la loi antipiratage sopa
Hier plusieurs sites défiaient le congres Américain pour protester contre la loi anti-piratage. Ce dernier examine deux lois dites très liberticides. Plusieurs grands acteurs du web se mobilisent très fortement contre cette loi. ebay, Facebook, Google, WordPress, Wikipedia, Ubuntu et j’en passe se liguent et ferment même leurs sites 24H ou procèdent à des actions ciblées pour attirer l’attention sur ces lois.
Alors justement, ces lois, que prévoient elles ?
Elles visent à lutter contre le piratage en ligne. Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’artillerie lourde est de sortie :
- blocage par DNS des sites pirates, y compris des sites étrangers
- déréférencement de sites
- gèle des comptes de sites incriminés
Quelles conséquences ?
C’est donc un « hadopire » qui se prépare aux USA. Une entité administrative qui contrôlera les sites web partout dans le monde et pourra les bloquer pour les internautes américains. Une grave atteinte à la liberté d’expression et de partage se profile.
Plusieurs associations protestent en ce sens, comme la EFF ou le site americancensorship. A l’heure où ACTA est déjà sur les rails, on redoute bien évidement ces deux nouveaux textes.
Mais sachez que, pour dire, même la Maison Blanche se désengage de ces textes. De l’autre côté, les majors du disque et de la vidéo sont pour ces textes, tout comme l’industrie du jeu vidéo en générale.
On espère tout de même que ce texte va être botté en touche et que les pressions du web vont avoir gain de cause…
Le pire je crois dans cette histoire, c’est que au nom d’une industrie qui n’a jamais su et n’a jamais voulu s’adapter aux nouveaux modes de consommation, les lois liberticides et les perfusions des différents états se succèdent.
Jusqu’où ira l’HADOPI ?
1
On connait la tristement célèbre HADOPI, cette institution fondée grâce à la loi du même nom qui met en place le système de riposte graduée afin d’endiguer le piratage des œuvres copyrightées sur les réseaux P2P. Sans faire dans la technique pour ne pas m’égarer tant sur le mécanisme de la riposte graduée que sur les lacunes, je me pose une question. Que va devenir HADOPI ? Une énorme machine à broyer de l’internaute sans doute ?
L’internaute, et pas seulement on peut même dire.
Pour reprendre depuis le début, il y a eu HADOPI 1, HADOPI 2 qui instituent la haute autorité gérant la riposte graduée. Puis on reparle en ce moment de HADOPI 3. Afin de peut-être venir combler les lacunes des deux versions précédentes et ajouter une taxe pour faire, encore, profiter à l’industrie du disque nos précieux deniers.
Sachez aussi que la HADOPI ne se contente pas seulement de la riposte graduée. C’est un système qui ne laisse aucune chance à l’internaute flashé sur le p2p. Aucun recours, et surtout, la préparation du logiciel de sécurisation pour prouver patte blanche si notre adresse ip se fait flasher sur un réseau. Je vous invite à en lire plus au sujet de ce logiciel de sécurisation ici. L’internaute qui veut éviter des turpitudes avec la HADOPI devra s’acquitter d’un logiciel en préparation qui enregistre ses faits et gestes sur le net afin de prouver en cas de litige qu’il n’a pas téléchargé ; ou au contraire affirmer qu’il a téléchargé. On touche donc à d’une à la présomption d’innocence, et de deux on touche à l’état sécuritaire qui vient surveiller jusque dans nos foyers ce que les citoyens font de leur connexion.
Et puis HADOPI, c’est aussi la volonté d’aller plus loin. C’est à dire proposer des « labs » qui vont se pencher sur le futur du numérique en France. C’est aussi une machine qui va chercher à éduquer bourrer le crâne des enfants, le tout avec la bénédiction de l’éducation nationale qui va dévoiler un portail à but pédagogique et préventif dont une partie sera consacrée aux lois HADOPI et DADVSI. Ajoutez à tout cela le gouffre financier (plus de 12 millions d’€) que ça représente pour peu de résultats actuellement.
Je ne détaille pas les labs, vous pouvez les retrouver directement sur le site de l’HADOPI.
Une fois que l’on a un panel de ce que représente la HADOPI, on peut se demander si tout ça va en rester là. HADOPI 3 qui est en gestation plus les labs qui vont accoucher sans doutes de propositions ou de réflexions diverses sur le numérique en France. Je vois bien une lutte sans merci contre les sites de direct download.
Outre s’attaquer au direct download, HADOPI tend à élargir ses « compétences ». Comme par exemple surveiller plus activement les internautes via le logiciel de sécurisation, mettre fin à l’anonymat en ligne, implémenter dans la box une sécurisation, restreindre l’offre légale seulement à certains sites, et j’en passe…
En somme, c’est une vision bien sombre du net en France qui se dévoile tant que les lobbyies du disque seront présent tout comme la droite et sa vision fermée et sécuritaire du net.
CNIL, ARCEP, CSA, HADOPI, la fin des administrations indépendantes ?
1
Ces dernières années, nous avons vu en France un reprise en main – voir même un interventionnisme omniprésent – du pouvoir en place sur notre quotidien. Ce qui est plutôt à contre-courant du libéralisme. Mais cette interventionnisme est destiné à favoriser les lobbys. De ce fait, ça en devient du libéralisme sauvage.
Le problème justement avec ce type de pratique c’est que l’on ne peut que constater les dégâts sur les autorités indépendantes. Je parle dans cette article plutôt des administrations ayant rapport avec l’informatique.
On commence par le CSA. Dont le Président est nommé par le président de la République
Ensuite la CNIL dont un des membres fait parti de l’AFSSAP (au cœur du scandale médiator), et la CNIL a été, à mon humble avis, trop laxiste sur la législation de la HADOPI et le sera sur la future loi LOPPSI. La CNIL est considérée comme la première autorité indépendante
Et en parlant de la HADOPI ! Nouvelle étape dans l’horreur. le gouvernement ne s’en cache pas et créé de toute pièce une autorité sur-mesure à l’industrie du disque et du film afin de lutter contre le piratage. Avec à son bord des lobbyistes.
Ce n’est pas tout. n’oublions pas l’ARCEP. Son cas est un peu plus compliqué. Le gouvernement va faire son entré par l’intermédiaire d’un commissaire. Ensuite, Eric Besson, cet infatigable ministre, souhaite un rapprochement entre le CSA et l’ARCEP. Et comme écrit plus haut, qui nomme le président du CSA ? De là à en tirer des conclusions hâtives… il n’y a qu’un pas.
Et comment oublier l’ARJEL que l’on peut mettre sue le même piédestal que la HADOPI. L’Autorité de Régulation des Jeux En Ligne a pour but de délivrer un label aux sites de jeux en ligne (tel que le poker ou les courses hippiques) et ceux qui n’ont pas ce label peuvent être bloqués par les FAI sur simple demande de l’ARJEL à la justice. Cette décision peut s’appliquer même aux sites non-Français.
Enfin, ajoutez aussi la SACEM (Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique), le SNEP (Syndicat National de l’édition Phonographique) et le fait que le président de la République nomme le président du groupe France Télévision et de France Inter…
Je vous dresse ici uniquement le tableau des autorités indépendantes et syndicats les plus connues et en rapport avec les médias et la technologie. Mais maintenant ajoutez à ces autorités les entreprises françaises proches du Président de la République, dont je fais une liste pour rappel :
Bouygues (TF1, Bouygues télécom),
Orange (Deezer, Dailymotion, France Télécom),
Dassault (Le Figaro et TV magazine),
FNAC,
Lagardère (groupe de presse comprenant RFM, Télé 7 jours, Relay, Paris Match, MCM, Fayard, le journal du Dimanche, Le livre de poche, Elle, Europe 1 et Hatier, ),
Microsoft France.
Voici un état objectif de l’Internet en France. Il est cloisonné par des lobbys et un pouvoir anti-démocratique. Et je crains que l’avenir ne soit pas plus brillant…
« On pense le peuple anesthésié… il était juste en train de s’organiser »
1
Je vous fais part ici d’un texte écrit par Karim Guellaty qui est un des Tunisien qui renseignait la presse sur le déroulement de la révolution de Jasmin. Il était notamment bien renseigné sur le plan de vol du président Ben Ali dans sa fuite.
Pour nous il fait un parallèle entre la France et la Tunisie, je crois que les rôles s’inversent. Il peut nous donner une leçon et c’est important de l’écouter. Un sorte de « Lettres Persanes » moderne pour dénoncer la prohibition 2.0 qui se tisse en France.
Retrouvez le texte à l’origine adressé au parti pirate qui à eu la présence d’esprit de le publier. Merci à eux deux.
Je reviens de Tunisie où j’ai la tête encore pleine de nos libertés, de nos fraternités, je reviens fier, droit comme un i, tête haute, et je me dis que j’ai de la chance de vivre entre deux pays… libres.
Je repense à la vie avant. Je repense à ce ammar404 ; ce droit, nous ne l’avions pas. Une dictature finalement, ça ne fait pas dans le détail, on coupe l’accès, point barre. On pense le peuple anesthésié… il était juste en train de s’organiser.
Je rentre donc à Paris, et je regarde ce que dit la presse, après une si longue absence. Et je suis interpellé par ce Hadopi, je lis, je me documente, et je trouve ça tout de même très limite. Puis je tombe sur un papier qui parle de la LOPPSI. Je lis, je me documente et je trouve que ça commence à faire beaucoup. Mais bon, je suis encore sous l’euphorie, alors je me trouve des prétextes pour ne pas considérer tout ça dramatique. Puis je tombe sur un article sur le CSA qui veut également intervenir sur le web. Je lis, je me documente et je me dis qu’il faut peut être quand même envisager de regarder tout ça de plus près. Je m’apprête à refermer mon journal pour aller effectuer mes recherches sur le net quand je tombe sur l’ARJEL. Je lis, je me renseigne. Je referme mon journal et je me dis que la France a peut-être refusé l’asile à Ben Ali, mais et il s’est drôlement bien intégré celui-là.
Je résume.
Avec Hadopi on est responsable de son accès internet. Et si quelqu’un s’y connecte pour commettre un délit, c’est le propriétaire de l’accès internet qui est juridiquement responsable. Et vous savez quoi ? La défense n’est possible qu’une fois la sanction mise en œuvre. Ça s’appelle, en droit une présomption simple, c’est à dire qui tombe sous la preuve contraire. Et la preuve contraire, c’est soit dénoncer l’auteur, soit prouver qu’on a tout faire pour l’empêcher, mais qu’on n’a pas réussi. Ça s’appelle une obligation de moyen. Vous n’êtes pas tous informaticien ? Pas de panique, l’état va nous fournir un petit logiciel de sécurité, et ce petit logiciel de rien du tout va surveiller votre trafic sur le web pour censurer les sites dont les contenus sont illégaux.Il manque 404. Ne bougez pas, on a tout prévu. LOPPSI. Il faut lutter contre la pédophilie, nous sommes tous d’accord. Et pour ça, le ministère de l’intérieur communiquera aux FAI une liste secrète de sites à interdire. Il n’y a que des sites pédophiles dans la liste ? On ne sait pas elle est confidentielle on vous a dit. Mais ne vous inquiétez pas, elle sera auditée dans 2 ans. En même temps je suis prêt à accepter ce risque de censure discrétionnaire, parce que ça permet que d’innocents petits enfants ne se fassent plus ignoblement abuser… Quoi ? Comment ça, ça ne change rien ? Ben oui, c’est évident. Je suis désolé, mais dans mon autre pays, ça fait dix ans qu’on nous bloque internet pour ne pas qu’il n’y ait d’islamistes, alors pour nous quand on ne voit plus, ça n’existe plus. On a encore quelques mauvais réflexes, désolé. Bien sur que ça ne règle rien au problème et que la pédophilie continuera à exister, sinon à prospérer.
Pendant qu’on y est, on contrôle aussi grâce à l’ARJEL les sites de jeux et on censure ceux qui ne paient pas leurs redevances à l’état français. Le CSA qui lève le doigt aussi et veut pouvoir contrôler la VOD, pour le moment. Mais les élections approchent, et à mon avis les sites qui ne respecteront pas le temps de parole des politiques, censurés.
Et vous savez quoi, ils ont voulu fusionner tout ce petit monde.
Alors moi, je vais vous dire une chose, nous autres tunisiens, nous ne savons peut être pas encore grand chose de la démocratie, mais en revanche on en connaît les ficelles, les mécanismes, les attributs. Certes, nous ne serons jamais sous la dictature d’un homme en France, mais une dictature est sournoise et peut prendre plusieurs formes, croyez nous. Et l’une de ces formes, c’est aussi la dictature de l’État, la dictature du Système. Mes chers amis du Parti Pirate, il n’est pas très loin le jour où vous devrez agir à partir de la Tunisie. Et vous pourrez compter sur notre coup de main comme nous avons pu compter sur le votre. Car au delà d’être peuple d’un pays, nous sommes tous le peuple de la terre, libre de choisir notre destin, mais il faut choisir.
En France, on pense le peuple anesthésié, mais s’il était en train de s’organiser ?








