Censure
OONI, observatoire de la censure made in TOR
1Deux développeurs de TOR ont décidé « d’écouter » la censure. Ils ont développé un outil appellé OONI pour « Open Observatory for Network Interference », soit Observatoire ouvert de la censure sur Internet.
Vous connaissez TOR ? ce réseau anti-censure. Il permet de se « cacher » sur Internet et ainsi ne pas se faire tracer. Un excellent outil d’anonymat en ligne !
Le but du jeu est simple. Récolter des données par un processus libre afin de créer une carte des surveillances, discriminations et censures dans le monde.
Ce processus libre se traduit par un petit outil open source qui va suivre votre connexion et partager les résultats de façon anonyme sur le site afin de créer une carte de la censure.
Cette intention de créer un outil libre et d’en partager les résultats est d’autant plus forte qu’il n’existe toujours pas de tels outils. Pourtant la censure du net devient de plus en plus monnaie courante. C’est aussi un moyen d’observer les droits de l’homme dans un pays ou une région du monde.
Pour le moment l’outil développé en python ne fonctionne que en ligne de commande. Cependant,vous pouvez le récupérer sur le Github de OONI.
Enfin, preuve que cet outil est efficace, il a permit de démontrer que les internautes palestiniens sont sous le joug d’une censure. 1.1 Millions de sites web furent analysés.
Net-citoyen et censure, la France mauvaise élève
0J’apprends il y a trois jours que la France est encore « sous surveillance » dans la liste de Reporter Sans Frontière. Pour information, cette nomination de « sous surveillance » date de 2009 si je n’m'abuse et c’est une étape avant de devenir « ennemi du web ». Nous côtoyons l’Inde, l’Égypte ou encore la Russie et la Turquie dans cette catégorie.
Bon je vous rassure non ne sommes pas non plus au point de non-retour mais nous devons rester vigilants.
2011 une année noire
2012 ne démarre donc pas très fort pour la France d’un cyber point de vue. Plus généralement, mais je ne m’attarde pas, l’année 2011 fut très difficile pour la démocratie en ligne. Le printemps arabe n’a pas aidé et en ce moment la Syrie, l’Iran, la Corée du Nord et autres dictatures comme le Turkménistan et la Biélorussie ferment petit à petit les libertés numériques.
HADOPI, LOPPSI, Copwatch, état des lieux en France
Alors pourquoi s’attarder sur la France ?
Tout simplement parce que la situation me paraît préoccupante. C’est le seul pays de l’Union Européenne qui figure dans le classement RSF des pays « sous surveillance » et le seul qui ait osé sortir les lois HADOPI et LOPPSI. On connaît tout le mal de ces deux lois là, j’y ai consacré déjà plusieurs articles. Pourtant elles existent et durant la campagne on a quelque peu entendu parler de HADOPI. C’est un véritable cadeau empoisonné et un désastre démocratique. LOPPSI en revanche, rien, nada. Personne n’en parle.
Je dois aussi rajouter à cette liste de loi liberticide le blocage des jeux en ligne, simple prétexte pour parfaire sa technique de blocage,
Enfin, pour parfaire le tableau, est-ce nécessaire de rappeler que Amesys/bull, une société française spécialisée dans le filtrage et l’interception de données ait vendu, entre autres, à la Libye de Kadhafi un outil baptisé Eagle qui permet d’espionner ses net-citoyens ?
Cette même société aurait dotée la France du même matériel et continue d’en vendre à d’autres pays en toute impunité.
Avec tout ça, c’est normal que Reporter Sans Frontière nous tape sur les doigts !
Pédophilie, pornographie, les prétextes
Pourtant, je crois que l’on atteint le summum de la bêtise humaine hier quand j’entends un des lieutenant de Marine Le Pen déclarer dans un magazine ultra catholique qu’ils pensent « censurer » les sites pornographiques. Même si Marine Le Pen est revenu sur cette affirmation, je n’en pense pas moins !
Si je comprend bien on régresse complètement.Au nom de qui, au nom de quoi, une personne se permet de vouloir censurer. C’est souvent pour des intérêt personnel et financiers. C’est le cas de toutes les lois numériques votées sous Sarkozy.
En plus de ça, on nous prend pour des idiots car l’intention de filtrer des contenus pédopornographique par exemple invoqué lors de la loi LOPPSI n’est qu’un stratagème pour faire avaler la pilule.
Alors aux grandes idées, les grands mots : Nous sommes pourtant le pays des droits de l’homme et du citoyen.
Quand je pense que ACTA pointe le bout de son nez…
Tous unis contre SOPA et PIPA
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ubuntu proteste contre la loi antipiratage sopa
Hier plusieurs sites défiaient le congres Américain pour protester contre la loi anti-piratage. Ce dernier examine deux lois dites très liberticides. Plusieurs grands acteurs du web se mobilisent très fortement contre cette loi. ebay, Facebook, Google, WordPress, Wikipedia, Ubuntu et j’en passe se liguent et ferment même leurs sites 24H ou procèdent à des actions ciblées pour attirer l’attention sur ces lois.
Alors justement, ces lois, que prévoient elles ?
Elles visent à lutter contre le piratage en ligne. Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’artillerie lourde est de sortie :
- blocage par DNS des sites pirates, y compris des sites étrangers
- déréférencement de sites
- gèle des comptes de sites incriminés
Quelles conséquences ?
C’est donc un « hadopire » qui se prépare aux USA. Une entité administrative qui contrôlera les sites web partout dans le monde et pourra les bloquer pour les internautes américains. Une grave atteinte à la liberté d’expression et de partage se profile.
Plusieurs associations protestent en ce sens, comme la EFF ou le site americancensorship. A l’heure où ACTA est déjà sur les rails, on redoute bien évidement ces deux nouveaux textes.
Mais sachez que, pour dire, même la Maison Blanche se désengage de ces textes. De l’autre côté, les majors du disque et de la vidéo sont pour ces textes, tout comme l’industrie du jeu vidéo en générale.
On espère tout de même que ce texte va être botté en touche et que les pressions du web vont avoir gain de cause…
Le pire je crois dans cette histoire, c’est que au nom d’une industrie qui n’a jamais su et n’a jamais voulu s’adapter aux nouveaux modes de consommation, les lois liberticides et les perfusions des différents états se succèdent.
Jusqu’où ira l’HADOPI ?
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On connait la tristement célèbre HADOPI, cette institution fondée grâce à la loi du même nom qui met en place le système de riposte graduée afin d’endiguer le piratage des œuvres copyrightées sur les réseaux P2P. Sans faire dans la technique pour ne pas m’égarer tant sur le mécanisme de la riposte graduée que sur les lacunes, je me pose une question. Que va devenir HADOPI ? Une énorme machine à broyer de l’internaute sans doute ?
L’internaute, et pas seulement on peut même dire.
Pour reprendre depuis le début, il y a eu HADOPI 1, HADOPI 2 qui instituent la haute autorité gérant la riposte graduée. Puis on reparle en ce moment de HADOPI 3. Afin de peut-être venir combler les lacunes des deux versions précédentes et ajouter une taxe pour faire, encore, profiter à l’industrie du disque nos précieux deniers.
Sachez aussi que la HADOPI ne se contente pas seulement de la riposte graduée. C’est un système qui ne laisse aucune chance à l’internaute flashé sur le p2p. Aucun recours, et surtout, la préparation du logiciel de sécurisation pour prouver patte blanche si notre adresse ip se fait flasher sur un réseau. Je vous invite à en lire plus au sujet de ce logiciel de sécurisation ici. L’internaute qui veut éviter des turpitudes avec la HADOPI devra s’acquitter d’un logiciel en préparation qui enregistre ses faits et gestes sur le net afin de prouver en cas de litige qu’il n’a pas téléchargé ; ou au contraire affirmer qu’il a téléchargé. On touche donc à d’une à la présomption d’innocence, et de deux on touche à l’état sécuritaire qui vient surveiller jusque dans nos foyers ce que les citoyens font de leur connexion.
Et puis HADOPI, c’est aussi la volonté d’aller plus loin. C’est à dire proposer des « labs » qui vont se pencher sur le futur du numérique en France. C’est aussi une machine qui va chercher à éduquer bourrer le crâne des enfants, le tout avec la bénédiction de l’éducation nationale qui va dévoiler un portail à but pédagogique et préventif dont une partie sera consacrée aux lois HADOPI et DADVSI. Ajoutez à tout cela le gouffre financier (plus de 12 millions d’€) que ça représente pour peu de résultats actuellement.
Je ne détaille pas les labs, vous pouvez les retrouver directement sur le site de l’HADOPI.
Une fois que l’on a un panel de ce que représente la HADOPI, on peut se demander si tout ça va en rester là. HADOPI 3 qui est en gestation plus les labs qui vont accoucher sans doutes de propositions ou de réflexions diverses sur le numérique en France. Je vois bien une lutte sans merci contre les sites de direct download.
Outre s’attaquer au direct download, HADOPI tend à élargir ses « compétences ». Comme par exemple surveiller plus activement les internautes via le logiciel de sécurisation, mettre fin à l’anonymat en ligne, implémenter dans la box une sécurisation, restreindre l’offre légale seulement à certains sites, et j’en passe…
En somme, c’est une vision bien sombre du net en France qui se dévoile tant que les lobbyies du disque seront présent tout comme la droite et sa vision fermée et sécuritaire du net.
Vite dit. Le rapport provisoire sur la neutralité du net est arrivé
1Quelle belle entré en matière pour ce rapport que cette phrase :
L’article 11 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen énonce « la libre communication des pensées et des opinions ». Quel support aujourd’hui respecte mieux ces principes qu’internet ?
Depuis le mois de septembre 2010, deux députées, Les députés Corinne Erhel (PS) et Laure de la Raudière (UMP) travaillent sur un rapport afin de cerner la neutralité du net et comment mieux la représenter. Ces dernières vont présentent cet après-midi le rapport de la mission d’information qu’elles ont conduites sur la neutralité d’internet.
Dans leur rapport, les deux députées détaillent les propositions qu’elles espèrent transposer dans la loi et l’esprit du rapport. Je vous fais part mot pour mot afin de ne pas le dénaturer :
Premier axe : consacrer la neutralité de l’internet comme objectif politique
1° – définir dans la loi la neutralité de l’internet
2° – fixer sa promotion comme objectif aux autorités réglementaires
Deuxième axe : encadrer strictement les obligations de blocage de l’internet
3° – s’interroger plus avant sur la justification des mesures de blocage légales, en dépit de leur légitimité apparente, du fait de leur inefficacité et des effets pervers qu’elles sont susceptibles d’engendrer
4° – seul le juge pour prononcer des mesures obligatoires de blocage afin de mieux protéger la liberté d’expression
Troisième axe : protéger l’universalité et garantir la qualité de l’internet
5° – réserver l’appellation « internet » aux seules offres respectant le principe de neutralité
6° – mettre en place un observatoire de la qualité de l’internet
7° – charger l’ARCEP de garantir l’accès à un internet de qualité suffisante
Quatrième axe : assurer le financement pérenne de l’internet
8° – documenter les enjeux économiques liés au réseau internet
9° – évaluer de manière approfondie la mise en œuvre d’une terminaison d’appel data au niveau européen
La quadrature du net salue d’ailleurs ce rapport. Il est certain que l’intention est louable et le travail et abouti. Il ne reste plus qu’a croiser les doigts pour voire au moins une partie du rapport (voire sa totalité… ce qui relève du miracle) soit adopté.









